02 octobre 2007
Quelle idée de vouloir allez en Inde par la route!
Mon ami Jean-Pierre et moi, nous nous sommes retrouvé en gare de Nice, prêt a affronter le monde, jusqu'en Inde!
Pour l'instant, nous étions dans un wagon tout noir, dans un froid de septembre- avant l'électricité de la locomotive- et que pour la direction de Milan.
Il fallait rejoindre l'Orient Express à Milan pour nous amener à Istambul! Je connaissais Istambul, mon copain pas.
Jean-Pierre avait 10 ans de plus que moi, mais je l'avais convaincu de partir en Inde avec moi, les mains dans les poches, et quelques sous cachés sur soi! J'avais fais coudre une poche intérieure sur mon blue jeans par ma grand-mère, où je mettais tout mes sous et surtout mon passeport. Pauvre grand-mère qui avait peur, de ce qu'il pouvait m'arriver!
J'avais 20 ans et nous étions donc en 1973.
Je voulais une rupture!
Je venais de passer mon bac, et de finir une première année de philo en fac. Mauvaise année, où j'avais pas eu toute mes Unités de Valeurs. Je fantasmais sur l’Inde ! J’avais beaucoup étudié la pensée Orientale. J’étais fort là dessus. Donc, je mis dans mon sac, des ouvrages d’Aurobindo, d'Eluard et aussi l’Être et le Temps d’Heidegger. Je revins qu’avec Heidegger; ce livre fît l’allez retour Katmandou/Nice.
Que dire de Milan ?
Arrivés à Milan, après avoir eu le compartiment pour nous
seul, où nous avions pu nous allonger, on
attrapa « l’Orient Express ». A cette époque, ce n’était que deux wagons miteux qui
continuaient jusqu'à Istambul, bourrés de travailleurs immigrés Turc, revenant d'Allemagne.
Milan! Le Dôme, la grisaille, le froid, l’humidité…mais
surtout, la gare centrale; imposante, énorme, carrée, massive, Mussolienne,
Totalitaire. Chef d’œuvre d’architecture fasciste.
03 octobre 2007
Venise.
Je connaissais déjà la ville. Mais comment ne pas faire une halte, dans ce rêve fait cité.Avec mon copain, sur la place Saint Marc, on est monté au sommet de la tour « Il Campanile » qui domine toute la Sérénissime, lumineuse ce jours.
Et là, je me pris pour Marco Polo : « Vaste Orient, me voici » !
Je
me retrouvais, quelque heures plus tard, à nouveau coincé entre deux Turc bien rustiques,
avec en face de moi, mon copain Jean-Pierre, dans la même situation. Il rigolait lui, dans ces « beaux wagons" de seconde classe de l’Orient Express, en route pour
la traversée de l’ex Yougoslavie…
04 octobre 2007
L'ex Yougoslavie!
Ce n'était pas difficile d'entrer en Yougoslavie. Montrer
nos passeports de français suffisait. C'était mon deuxième "Orient
Express"...J'avais fais seul, le même trajet l'année précédente. Que pour 15 jours.
Nice-Istambul allez retour en train coûtait
Mais ce second voyage, devait me conduire
au delà du Bosphore.Rien d’extraordinaire, dans cette seconde traversée de
Je préfère raconter ma première traversée de
Zagreb, une année précédente!
A cette époque, je ne savais pas, si j’étais en Serbie ou en Croatie. J’étais en Yougoslavie.
J’étais monté dans un des deux fameux wagons à
Venise. Là, je rencontrais deux Suisses. C’était des sacrés voyageurs. Ils
avaient aménagés les supports des
bagages Italiens, comme couchage pour eux ! Ils couchaient en haut, moi en
bas, tranquille. Ils avaient une certaine herbe compressée, qu’ils me firent
partager.
Je voyais à la sortie de Venise, des marécages et encore des marécages..
Cette année là, à Zagreb!
Avec mes deux tits Suisses j’arrivais à Zagreb !
On avait deux heures, avant d’être « propulsé »
vers Istambul.
Je voulais voir la ville, eux pas.
Je sortis du wagon - en attente de locomotive - et je me retrouvais bien sûr dans le
gare de Zagreb !
Là, sur un kiosque à journaux, je vis une photo, un poster d’une fille
nue.
Je me dis chouette, un pays civilisé !
J’avais faim.
Je sortis de la gare. Il y avait un restaurant. Ce resto
présentait de bons plats ! Mais
comme dans une cantine, une sorte de snack. Je me fis remplir une assiette
pleine d’une sorte de Daube avec des
frites.
Ce fût excellent.
Mais, il a fallut manger debout ! Incroyable, un
restaurant où on peut pas s’asseoir. Que des postes hauts ! Pas de sièges.
Où suis-je ? Je sortis de ce « resto », et je vis dans la
grisaille du moment, une espèce d’avenue toute grise…
Vite je revins à la gare,
où je retrouvais mes deux tits Suisse.
Je fis cette première traversée de
Youpi ! En avant !
06 octobre 2007
La Bulgarie: Sofia
Retour au présent, surtout retour assis entre les deux
Turcs.
Dire que je fis, cette année là, Venise-Istambul assis, mort de fatigue et de
sommeil, ne pouvant dormir que la tête sur les genoux, pas moyen de s'allonger!
L'entrée en Bulgarie -ce n'était qu'une transition- s'effectuait par la simple
présentation de son passeport à des douaniers armées, qui avaient des
casquettes dignes, de grands amiraux de la flotte de l'URSS. N'oublions pas,
que
L'année précédente, jouant toujours les Tintin, j’ai voulu
me dégourdir les jambes et explorer une gare «communiste».
Je me
retrouvais avec une mitraillette braquée sur mon ventre, et un garde vociférant!
Et hop, vite dans le train, et dodo !!!
08 octobre 2007
Entrée en Turquie pour la seconde fois !
Je retournais en Turquie, mais cette fois pour aller plus loin.
Le train, avant de s’arrêter définitivement dans la gare centre
d’Istambul, parcourait au ralentit toute une série de petites gares. Nous sommes
donc, entré à Istambul tout doucement. Dans ce moment, mon compagnon de voyage, Jean-Pierre,
regardant cette banlieue d’Istambul, déclara avec provocation: « Ils sont moins pauvre qu’au Maroc ! »
Allions nous faire, un match, à celui qui a visité le pays le
plus pauvre ?
Arrivée à Istambul !
Au bout de trois jours, trois nuits de train, dans des
conditions inconfortables, on pouvait arriver à Istambul pour quelque chose
comme
Je guidais mon copain Jean-Pierre vers un hôtel que je
connaissais. Après, on alla au Pouding Shop, snak/resto/café, temple des routards en face
de
Sur les murs du Pouding, il y avait toujours les mêmes indications, les
mêmes inscriptions hypocrites qui firent la « gloire » du film Midnight Express : « 100 gr un an,
1000 gr 10 ans »….
Je préfère, revenir à mes souvenirs, un an auparavant !
09 octobre 2007
Le temps d'un rêve.
Une année auparavant, j’étais seul à Istambul !
Je rejoignis ce fameux café d’Occidentaux le Pouding, qui
par le bouche à oreille, était connu par tous les routards de la planète. Je
fis là connaissance de deux américains, et on décida d’aller visiter
Hein ? Quoi ? C’est un Indien Apache !Je fis donc ma première visite de mosquée, ma première visite à la mosquée bleue d’Istambul avec un vrai Apache !
Lorsque nous pénétrâmes dans le lieu, nous fûmes éblouis. C’était la nuit, et seules les lumières de la mosquée scintillaient.
Mémoire d’un songe vrais !
Cette année précédente, j’étais
toujours seul à Istambul. Ce n’était pas marrant.
Je retournais au Pouding, et là,
chouette, je rencontrais deux français. De vrais roublards, tortueux à
souhaits ! On décida de prendre un bain Turc. On trouva un vrai bain Turc.
Avec une multitude d’étapes à parcourir, dans différentes salles construites en
marbres; diffusant de la vapeur, de la
chaleur, de l’eau froide…
C’était fantastique ! Nous
étions à poils, avec une simple serviette enroulée autour du bassin, dans des
lieux qui pouvaient dater d’avant J-C.
Puis un Turc me proposa de me
masser ! Heu !...Mes copains rigolaient. Comme ils étaient là pour me
sécuriser, j’acceptais.
Je me retrouvais plaqué sur une
table de marbre, avec un type très fort qui me martyrisait par des frappes et des pressions fortes. C’était le massage à
Enfin, tout beau, tout propre on
retourna au Pouding pour manger.
On fit ainsi, la connaissance de
jeunes Turcs à qui on posa la question : « Où sont les filles
ici ». Nous étions vraiment naïfs ! Ils répondirent, pas de
problèmes, venaient avec nous.
Ok ! Go, avec les copains
Turcs.
Le soir tombé, on fit le tourné
des grands cafés d’Istambul. On fit une grande consommation d’Arak. Une sorte
de pastis, mais beaucoup plus fort. Hé, hop, hop !
Je me souviens (à peine) sortant
du café, interpellant les copains Turcs: « Où sont les
nanas ? ». Je pensais qu’ils allaient nous présenter des copines à
eux ! Ils répondirent: « viens ». Oki, oki...
J’arrivais dans un drôle d’endroit. Avec des
hommes alignés vraiment tout droit, dans une file
d’attente interminable. C’est quoi ce truc ? Je compris, merde, c’était un
bordel ! Ayant enfin réalisé, je remontais toute la file d’attende, et je
vis « les merveilles » de tout les
désirs. C’était des femmes grosses,
énormes, adipeuses, dignes des films de Fellini. Je fus stupéfais, et j’éclatais de rire.
Mes copains français et turcs
m’attrapèrent, pour ne pas faire d’histoire, et nous sortîmes.
On alla en boite sur l’autre rive
du Bosphore. On payait tout aux Turcs, ils n’avaient pas de sous. Dans ce Nigth
Club, il y avait une fille qui faisait la danse du ventre. La fille disparue,
plus de nana. Et bien, on fit la fête, entre français complètement bourrés.
La boîte devait fermer, il fallait
retourner sur l’autre rive du Bosphore, à 4/5 h du mat, et on remercia nos amis
turques.
Ce fût magique, on traversa, à pied, une bonne partie d'Istambul, sous la neige.
Il fallait parcourir Galata Bridge (le
plus vieux et le plus beau pont d’Istambul), pour retrouver notre hôtel, dans un désert total, dans une
ville habituellement si bruyante. Un silence totale, absolu.
Il tombait beaucoup de neige, filtrée par les chatoiements des luliminosités du pont.
Ce
fût magnifique que de traverser Galata Bridge sous cette neige, à la fois sourde et scintillente.
Ce fût magnifique que de voir la neige tomber sur tout Istambul illuminé; car la nuit, Istambul est une vrais ville lumière...
L’Orient gardait ses prémisses de
rêves.
11 octobre 2007
Retour vers le présent, définitivement: visite de Harem.
Mais toujours à Istambul.
Mon copain Jean-Pierre farouche défenseur de ses parcours, me dit : « Tu n’es pas allé plus loin ». Je dis oui.
On acheta des billets de cars pour Téhéran:
En attendant le départ, on visita la ville, et surtout
Topkapi.
Topkapi est le musée
du Palais des Sultans à Istambul. Un palais fantastique avec milles trésors.
On vit la « salle de séjour »
du Sultan, un espace fastueux, avec un vieux piano Steinway inscrutés de merveilleuses dorures. Le guide d' un groupe déclara que le Sultan pouvait avoir jusqu’à 600 femmes !!
Cool !...Ce qui m’impressionna le plus, ce fût la « chambre » des eunuques. Des niches, comme dans les catacombes que j’avais
vues à Rome.
Au centre, de cet allignement de niches un gong énorme, pour les réveiller, au rythme leur vie.
12 octobre 2007
En avant pour Téhéran, pour l’Iran.
Il fallait obtenir un visa. Donc, nous dûmes patienter,
toujours à Istambul. Connaissant la ville, je guidais mon compagnon de voyage,
Jean-Pierre dans la ville. Je voulais
lui montrer cette fameuse Mosquée Bleue.
Lorsque que nous fîmes irruption dans cet univers, dans ce
merveilleux espace, c’était un jour de
prière. Il y avait des centaines de personnes en génuflexions; je fis signe de
reculer, de sortir pour laisser les gens en paix ; nous occidentaux athées, nous devions pas être dans ce lieux, à ce moment. Mais
là, un Turc me fît signe de venir auprès de lui. Je ne voulais vexer personne,
et je m’avançais. Nous fûmes acceptés lors de cette prière, dans un respect mutuel. A la fin de la cérémonie, un mollah nous montra les coins et les recoins de la
mosquée. Surtout, la direction de
Je le répète, tout cela ce fît en toute amitié. Jamais, jamais, du Sud Marocain au Népal, en traversant
l’Afghanistan et le Pakistan, je n’ai eu en tant qu’athée occidental, de
conflit avec des croyants musulmans.
On obtint nos visas.
On monta dans notre car pour Téhéran. Il y avait notamment deux
Japonais, l’un grand et l’autre petit; on en fit des copains.
On traversa le
Bosphore, sur cet immense pont moderne qui enjambait l’Orient et l’Occident.
Toujours dans une lumière éclatante.
15 octobre 2007
Istambul/Ankara.
Rien de spécial!
Ankara est la Capital politique de la Turquie comme chacun peut le savoir.
Atatürk, le père de la Turquie moderne avait voulu éloigner -avec juste raison- la capitale des frontières.
Mais cette année là, on était dans un sacré bled.
16 octobre 2007
Ankara/Erzurum
Sans problèmes!
Avec ces défilés d’arbres majestueux dans les plaines de la Turquie centrale; ces arbres frissonnaient d’un hiver à venir....
Lorsque l’on fît halte à Sivas, c’était pour se
lever à 5 h du matin, avec d’autres
occidentaux qui partaient chasser l’Ours !
Nous, ne partions en chasse que pour nos rêves!
Et hop! Encore une journée pour arriver à Erzurum
19 octobre 2007
Erzurum.
La fin du Monde! (Prononcer Erzouroum)
Heu, enfin…. ! Une extrémité géographique, le point de basculement entre
l'Europe et l’Asie, entre l'Orient et l'Occident ; une ville aux
apparences sauvages, brutales, nichées au Sud du Caucase, avec des types humains aux attitudes instinctives, rustiques; le tout imprégné d’une nuit dès plus obscure et dès
plus froide: bref,…un endroit à ne pas vivre !
20 octobre 2007
Erzurum: géopolitique dans les toilettes.
Les toilettes à la
Turc bien sûr!
C’était la queue devant les WC, toujours vers les 4/5h du
mat. Bon ! On avance?
Le "titulaire" des lieux sortit et
demanda au type qui me précédait: « Muslim ?». Le collègue devant
moi répondit, « oui ». Et, ils fraternisèrent.
C’était donc, le « sortant », un musulman; un homme, qui par conviction faisait mon trajet à l’envers, étant donné son turban, ses habits. J’étais rassurais, dans ce lieu de « bêtes sauvages »;
il allait à la Mecque, ce type ! Cool.
Mais comment, pouvait on faire mon trajet à l'envers ?
Comment pouvait on être Persan, ou Afghan, ou Pakisthanais ?
J'allais le savoir.
Erzurum/Téhéran.
Un seul saut en bus: une nuit, et presque deux journées.
On traversa le Sud du Caucase durant la nuit. Ce fût long.
Très long. Du Sud Caucase, pas bien loin du Mont Ara rat, je ne me
souviens que d’une route, tortueuse, dangereuse tracée dans des rochers, des
gorges et des torrents.
Durant ce périple, Jean-Pierre et moi, pour passer ce temps
interminable, nous jouâmes à un jeu idiot. Qui est qui, qui est quoi !? Des français, dans l’autocar avaient compris ce « jeux » Ils nous qualifièrent de « boys
scout ». ..
Mais nous pûmes dormir plus tôt qu’eux.
Je ne me souviens pas comment, on passa cette frontière
Turquie/Iran. Mais on se réveilla peut avant Tabriz en Iran.
Une chose qui me frappa énormément à ce moment, c’est la
taille des chiens, des nomades du Sud
Caucase. C’était de vrais Ours ! Enormes ! Je n’avais jamais vu de
chiens aussi gros que cela ! Par la suite, j’appris que c’était des chiens
pour tuer ou éloigner les loups des steppes.
Bref, on traversa Tabriz, et on arriva à Téhéran vers les
10/11 h du mat, lorsque je vis cela:
Les portes de Théhéran.
22 octobre 2007
Théhéran: arrivée.
On débarqua donc à Téhéran, épuisés, hagards, dans un
hôtel pour routard, bien sûr.
C’était donc, un matin assez tôt, vers les 7/8 h du mat. A la suite de quelque chose, comme trois
jours, trois nuits de bus.
Je partageais une chambre avec un suisse, Il n’y avait pas une chambre avec deux lits,
pour mon copain Jean-Pierre et moi!
Le suisse était un type très gentil, il retournait dans son pays.
Il me montra de l’opium, qu’il ne pouvait bien sûr ramener dans son
pays, et qu’il me proposa.
Je n’arrivai pas à dormir, je bouffais donc, toute sa boulette d’opium; et comme je
n’arrivais toujours pas à trouver le sommeil, je partis visiter Téhéran !








